samedi 7 juillet 2012

Elle a été coupée, l'herbe... C'est de la triche!


Non seulement l'herbe est haute et mouillée, mais le champ apparaît aussi comme une scène : s'y aventurer, c'est s'exposer au regard des autres. De plus la norme veut qu'il est habituellement interdit de pénétrer dans les prés et les champs cultivés. Marcher dans le champ, c'est braver tout à la fois, l'humidité, sa timidité, des conditionnements...

Sous l'impulsion de l'Usine Utopik qui organise ce 1er festival de bords de Vire, on décide de créer artificiellement des chemins. Ils deviennent à la fois plus commodes pour la déambulation et aussi plus clairement identifiables, signes qu'on peut y aller. Vers 11h30, une équipe de faucheurs se met en branle. Nous la remercions vivement. En respectant les tracés existants, elle coupe l'herbe sur une largeur d'environ un demi mètre.

Pour moi, c'est un peu renoncer à ce qui faisait le point de départ de ce projet, c'est à dire, la sensation de la marche champêtre au milieu des herbes hautes et le hasard des tracés collectifs. En coupant ainsi l'herbe, en forçant l'inscription des chemins, en formant des traces artificielles, j'ai le sentiment qu'on fabrique une image-objet, totalement à l'opposé de la sensation et de son partage.

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